samedi, mai 14, 2011

Caramel

Tourné à Beyrouth, au Liban, ce film sous-titré en anglais est loin d'être désagréable. On y retrouve un agréable mélange entre l'arabe et le français, aussi le film est-il financé par un fond de France et le Ministère de la culture du Liban. Il est réalisé par Nadine Labaki qui joue également dans le film le rôle intéressant de Layale. Cette réalisatrice oeuvre depuis environ 3 ans dans le milieu, touchant à la télévision, au court-métrage et enfin au long-métrage, et tout cela, sous différents rôles allant de productrice à actrice ! Caramel est sortie en 2007, et a remporté de nombreuses récompenses depuis sa sortie.

Le film Caramel met en scène 6 femmes. Leur situation diverge en tout point, sauf sur certains aspects. Ne leur parler pas d'amour, elles le vivent si différemment. Elles partagent quand même un salon d'esthétique où elles travaillent et entretiennent leur amitié commune. L'une a des enfants, l'autre a un amant, l'autre est homosexuelle... Que de différences dans un même lieu. 

La belle Layale, interprété par la réalisatrice, Nadine Labaki.
Caramel est un film composé de cadrages voyeurs. La caméra s'encre entre deux objets, deux personnes et se faufile dans l'intimité de ces femmes qui ont en elles tant de secrets. Malgré leur caractère distinct, ces personnages partagent plusieurs points communs...

Le film réside dans beaucoup de nons-dits. Ceux-ci sont pourtant criant de vérité. On nous le fait sentir par des plans silencieux où des échanges de regard témoignant de tout et de rien à la fois. Le film évolue lentement vers une certaine sagesse, débutant dans les propos multiples, les maladresses; alors qu'il se conclue sur des silences, des consentements muets, et des actions significatives. 

Les femmes sont-elles effectivement capables de s'entraider, de ne pas se dévorer la laine sur le dos? Malgré le fait que les personnages principaux sont des amies proches, les femmes qui les entourent sont source de problème, d'handicape.  Oui, parce que lorsqu'une fille se trouve un homme, elle disparait : se dévouant presque uniquement à l'amour de sa vie. Encore faut-il choisir le bon... Certaines d'entre-elles ont fait le mauvais choix. Elles subissent aujourd'hui les conséquences de ces choix. Elles ont beau penser ce qu'elles veulent des hommes, reste que les femmes sont entre elles des compétiteurs... Ce n'est pas quelque chose de flagrant dans le film, c'est plutôt en annexe à son sujet.

Caramel, titre évocateur, parle à la fois du caramel que l'on mange comme sucrerie, et d'un outils d'épilation de salon. À la fois délicieux et douloureux, le caramel est ici symbole de féminité. Cette féminité ponctuée de bonheurs et de malheurs, d'erreurs et de réussites. 

Belle réalisation sur la condition féminine, dans un endroit dans le monde où l'on garde une conception souvent fausse de ce qu'il en est réellement.

Je donne 9/10 à ce caramel encore chaud.

Vicky Cristina Barcelona

Il ne tardait plus à apparaître sur mon écran, ce film dont mon entourage me parlait depuis quelques mois déjà. Issu du coco du cher Woody Allen, apparu en 2008, Vicky Cristina Barcelona est un film qui donne envie de partir pour Barcelone ! Mais pas juste ça, non.

Vicky et Cristina sont des amis de longue date. Vicky approche du mariage, finit une thèse... tandis que Cristina ne cesse de jongler entre les occupations, ces choix d'avenir. Les deux amis quittent New York pour Barcelone et y font la rencontre d'un artiste à chemise rouge qui viendra modifier le cours de leur voyage.
Au lieu d'une photo, comme j'ai l'habitude de le faire, je préfère partager avec vous la musique de ce film en partageant la chanson Barcelona. Il s'agit d'une composition de Giulia Tellarini, Maik Alemany, Alejandro Mazzoni & Jens Neumaier, et elle est interprétée par Giulia y los Tellarini with Pablo Díaz-Reixa (as Pablo Diaz-Reixa), Xavier Tort & Jordi Llobet.






J'adore la voix off qui fait la narration du film, cette belle voix de Christopher Evan Welch. Cette voix extérieur raconte bien des choses, en addition à ce qu'on peut voir et déduire. Cette présence d'un narrateur hors diégèse fait penser à une histoire bien connue que l'on répète d'ami en ami, comme un conseil.

On y recherche le sens de la vie. Dans le cas de Woody, la vie, c'est l'amour. Les jeunes amies y explorent des situations qui enchantera une, bouleversera l'autre. Fait intéressant, en bout de ligne, elles ressortent de cette situation par leur propre décision. Non, pas de ressort du destin, pas de tragédie, juste une décision dictée par des sentiments.

C'est l'été, c'est l'Espagne, des répliques en espagnol, beaucoup de terrasse, de nourriture et de Vino... Oui, dans à peu près toutes les scènes, Vicky et Cristina ont en main une coupe de vin !

Certains ont été déçus par le film, d'autres ne savent juste pas quoi en penser. C'est un peu le cas avec les films de Woody. Dans mon expérience personnelle, il me semble que ses films laissent sur un faim. Une faim pas suffisante pour nuire à l'appréciation du film (à mon avis), mais suffisante pour laisser subsister bon nombre de questions. On se demande ce qui attends les personnages, car il me semble que leur histoire ne fait alors que commencer. Il leur crée une vie si réelle, si plausible, qu'on se demande comment s'enchaîne le reste de leur vie. Comment orienteront-ils leur décision prochaine? Auront-ils appris de cette partie de leur vie, leur reviendra-t-elle en tête. Décidément, je crois que la crédibilité ne manque pas à son univers cinématographique...

C'est un hymne à la passion, au voyage, et à la beauté !

Je donne 8/10 à ce saumon fumé.

lundi, mai 09, 2011

Edward Scissorhands

Datant de 1990, ce film du célèbre Tim Burton met en vedette le charmant Johnny Depp. Le récit surprenant se situe entre le conte de fantaisie et l'horreur. Pas besoin de vous dire que j'adore l'univers de Burton au risque de décevoir les cinéphiles qui ne voit en lui qu'un réalisateur populaire ou mainstream...

Edward est la création d'un Inventeur qui habite au sommet d'un mont dans un gigantesque manoir d'où on peut apercevoir la banlieue rose-bonbon. Malheureusement, Edward est laissé à lui-même suite au décès de son maître qui n'a même pas eu l'occasion de lui poser des mains convenables. Pris avec ses mains en ciseaux, Edward mène une vie solitaire jusqu'au jour où une charmante et généreuse représentante Avon cogne à sa porte... Voyant son état et sa situation, Peg le ramène chez elle pour lui permettre de vivre une vie "convenable".

Edward aux mains d'argent est un film adorable. Il n'est toutefois pas destiné aux fanatiques de réalisme, tel est le cas pour tous les oeuvres de Burton. On aura beau critiquer tous les passages qui se rapproche d'un modèle préconçue, plusieurs facettes du film viennent contredire et enrichir un modèle qu'on voit se répéter au cinéma.

Les symboles et les métaphores se multiplient, laissant des indices intangibles d'un univers qui en dit long.

La banlieue et l'horreur sont mis en parallèle dans un étrange contraste homogène, si vous me permettez l'expression. Il y a le monde d'Edward, juché en tout en haut dans un manoir décrépi, et il y a la banlieue colorée couleur pastel tout en bas. C'est deux petits mondes arrivent tout de même à se compléter dans l'histoire : il y a pas que du blanc ou du noir dans la vie. 

Edward est un marginal, incapable de faire partie de cette vie à laquelle la plupart des êtres prennent part. Il réussit pourtant bien au départ, à ma grande surprise. Je le croyais dès le départ victime de mépris, pourtant il devient un élément fascinant pour la vie de quartier. Par contre, les choses ne tardent pas à tourner au vinaigre. Edward est autre chose, quelque chose de plus innocent et de peut-être trop fragile, un artiste? 

L'amour qui se développe entre Edward et Kim est un peu surprenante, car inexplicable. C'est un amour auquel on tarde à donner des mots, des gestes et une histoire. Toutefois, elle prend finalement forme tel celle du conte fantastique où l'amour est la seule à persister à donner vie à une histoire qui tend vers l'oubli... 

Mémorable film qui parle directement d'une phénomène de société, abordant tant de clichés que d'exceptions. 

Je donne 9/10 à ce panini thon-olive !

jeudi, mai 05, 2011

Amadeus

J'ai trouvé le temps de visionner un film pendant mon voyage à Québec, chez Kate. Amadeus est un film de Milos Forman, réalisateur Tchécoslovaque datant de 1984. Hé oui, le réalisateur d'un de mes films sur ma liste À voir dans la section classique, c'est-à-dire Vol au-dessus d'un nid de coucou (1975). Ce réalisateur est toujours actif. Sur imdb, on annonce la pré-production en cours du film The Ghost of Munich prévu pour 2012. 

Amadeus raconte l'histoire du grand compositeur Wolfgang Amadeus Mozart par le biais de Antonio Salieri, un de ses contemporains italiens actif à Viennes. Celui-ci est épris d'abord d'une grande admiration pour cet enfant prodige, toutefois, elle se transforme rapidement en jalousie et en haine. Salieri tend peu à peu vers la folie alors qu'il élabore des stratagèmes diaboliques pour détruire la vie d'un homme indéniablement talentueux. 

Je ne m'imaginais pas ce genre de film. Je voyais autre chose. La pochette me renvoyais à un imaginaire puissant et abstrait. Pourtant, le film est d'abord est avant tout sous l'influence de la biographie. Les références historiques, les dates, les débuts, la fin; tous ses éléments nécessaires pour reconstituer l'histoire de ces deux êtres sont apportés de façon intelligente par le biais du flashbacks. Le film débute alors qu'un "Homme de Dieu" se présente à la maison des fous à la rencontre de Salieri. L'histoire est alors narré par ce personnage curieux et déséquilibré, un Salieri âgé et sénile. 

Le plus étrange, c'est qu'on devrait porté au personnage de Salieri une haine grandissante pour les actes qu'il a commis. Toutefois, ce personnage porte une humanité qui trahit sa méchanceté. On a du mal à ne pas comprendre ce qu'il a commis quand on voit devant nous l'évidence de l'inévitable destin tragique de Mozart, si frivole et insouciant. Il est troublant de se surprendre à se répéter que le pauvre Salieri voyait son empire se faire assaillir par le talent de l'enfant prodige... 

La distribution est convaincante, magnifique et attachante. Les lieux sont sombres et les ambiances sont grivoises même dans le luxe. On voit en Mozart son talent, sa jeunesse et son désir d'approfondir. On en découvre également davantage sur le milieu musical de l'époque, son fonctionnement, ses règles et normes.

On fait également souvent intrusion dans la vie de Mozart, dans sa famille, ses comportements, ses habitudes les plus mauvaises. On ne peint pas un personnage parfait, c'est ce qui est admirable, puisque malgré tout on lui voue beaucoup d'attachement. Ce n'est toutefois pas le cas pour le personnage de sa femme, Constanze, ni pour Salieri. Car, même si Salieri ne m'est pas apparu comme totalement détestable, grâce à cet humanisme que j'ai évoqué. On le comprend bien, on sait son esprit taillé dans la religion la plus complète. Il s'est voué tout une vie à se tenir droit sous les yeux de son Dieu bienveillant, mais voilà qu'il voit sa vie, son modèle religieux par excellence, se détruire à l'arrivé d'un jeune homme rebelle doté d'un talent qu'il jalouse... 

Il s'agit donc d'abord et avant tout, à mes yeux, d'une importante manifestation du pouvoir religieux de l'époque et la société qui s'y est forgée. Dans Amadeus, le destin se forge dans la main des autres, de ceux qui sont puissants dévoilant une raison qui n'est, au fond, pas si raisonnable...

De quoi donner le goût de se taper le film sur Ludwig Van Beethoven...

La trame sonore est magique et, bien sûre, essentiellement issu du répertoire de Mozart !

Je donne 8/10 à ces pâtes parma rosa.

lundi, avril 25, 2011

Le charme discret de la bourgeoisie

Mon troisième film du mois ! J'en reviens pas, est-ce possible? Je me demande comment j'ai fait. Aurais-je oublié de commenter un film que j'ai vu? J'en doute. Mais voilà, j'en ai un là. Le charme discret de la bourgeoisie (1972) est un film de Luis Bunuel, réalisateur espagnol reconnue pour sa participation au mouvement Dada entre autre, et également pour sa collaboration avec Dàli pour Un chien Andalou, court-métrage surréaliste de 1928.

Le Charme discret de la Bourgeoisie est un film mettant en scène des amis bourgeois. Il s'agit de leur quotidien banal, agrémenter de rêves, d'évènements surprenants, et de paradoxes dignes du surréalisme.

On ne peut apprécier ce genre de film sans d'abord connaître en quoi consiste de surréalisme. On ne peut s'asseoir devant ce film et oublier la vie, puisqu'il le rappelle sans cesse par sa critique. Il s'agit clairement d'une critique de cette bourgeoisie qui, malgré son appartenance, n'échappe pas à la cruauté de la vie, de la guerre, du mensonge... 

Les personnages ne sont ni détestables ni adorables. Tout ce qui se déroule est tellement incongrue, que tout ce qui subsiste, ce sont nos émotions, nos sensations. 

Il y a plusieurs moments sanglants et violents, mais la peur reste de côté, camouflé par la surprise ou l'incompréhension. Le récit est ponctué de rêves, de rêves dans des rêves où les évènements s'évanouissent pour ensuite renaître sous une autre forme. 

On reconnait au film des éléments qui se rattache directement avec son réalisateur, Luis Bunuel. Celui-ci avait d'abord une fascination pour les insectes, qui font une, deux, trois apparitions remarquées. Il avait également une relation particulière avec sa mère qu'il adorait, ainsi qu'une relation distante avec le père. Bunuel, tel que le témoigne son film, exécrait la religion (le pape), le mensonge, et toutes les manifestations de la cruauté de l'humanité. 

Faute de temps, je ne me suis pas appliqué à analyser en profondeur le film. Il y a là beaucoup à faire, toujours en lien avec son réalisateur entre autre. Le film nous donne beaucoup de matériels, beaucoup de curiosités à la fois dénuées de sens, mais également porteuses de quelques choses. 

Une scène particulière revient à plusieurs reprises : nos couples de bourgeois marchent dans un rue de campagne, entourée par de vaste champ où seul le bruit de leur pas retenti. Est-ce un témoignage de leur égocentrisme? Un témoignage de leur position par rapport au reste du monde, à l'écart. Où cela peut-il seulement démontrer que ces êtres passent leur vie à développer des idées, alors qu'ils sont en fait toujours "dans le champs" ? 

Libre à nous d'interpréter ce film, c'est là une des beautés du surréalisme. Le genre de film qui nous donne envie d'en savoir plus, d'avancer, de découvrir.

Fascinant.

Je donne 7/10 à ce yogourt moka !

lundi, avril 11, 2011

The Darjeeling limited

Un dimanche soir assez banal. La pluie qui tombe partout en ville. Bref, c'est dans ces soirs-là que tu prends le temps d'écouter un film; que t'as pris le temps de choisir aussi. Si vous avez aimé Fantastic M. Fox (2009) de Wes Anderson, sachez que ce n'est pas le seul bon film qu'il ait réalisé. Un petit retour en arrière dans sa filmo vaut le coût pour The Darjeeling limited (2007). Le film a été très peu médiatisé il me semble, et pourtant, a de belles têtes d'affiches au casting : Owen Wilson, Adrien Brody et Jason Schwartzman  qui forment un trio tout simplement magique. 

Francis, Peter et Jack sont trois frères, même si ça ne sautent pas aux yeux tout de suite. Les trois se retrouvent en Inde à bord du Darjeeling limited pour un voyage spirituel organisé par Francis, le plus âgé. Les trois frères sont dans un état pitoyable, leur vie allant de travers depuis la mort accidentelle de leur père : l'un a laissé sa femme enceinte à l'autre bout du monde sans même lui dire qu'il partait, l'autre vit une relation amoureuse défaillante et instable, tandis qu'un autre est quasi-défiguré suite à un accident et se drogue constamment de sa médication. Les trois frères tenteront également lors de leur voyage en Inde de visiter leur mère, qu'ils n'ont pas vu depuis son absence remarquée aux funérailles du père...
Dans l'ordre : Owen Wilson, Adrien Brody, Wes Anderson et Jason Schwartzman

L'alcool coule à flot, les cigarettes ne cessent de s'allumer : on est dans un univers aux couleurs vives de l'Inde, de la couleur de son soleil et de sa poussière, en contraste avec l'état psychologique de ces trois frères qui ne se font même plus confiance. 

Le film est magnifiquement dévoué à son histoire. C'est agréable de retrouver un film où la dramatisation est totalement absente. Je dis bien totalement. Les évènements se succèdent innocemment, sans amplification, pas de violon, de gros plan... Tout y est simplement, pas besoin d'une loupe pour voir de plus près : what you see is what you get. Ça c'est passé comme ça, simplement, pas de ralenti, ni d'accéléré, juste la situation qui arrive et qui part rapidement. Le spectateur se demande : Ça vient vraiment d'arriver ? De la même manière que les personnages se retrouvent devant un évènement auquel ils n'auraient jamais penser participer. (Je ne parle pas de trafic de drogue, vous verrez bien.)

Le langage du film est beau et unique, mais pas transparent. Quand je dis qu'il n'est pas transparent, c'est qu'il nous surprend en s'affichant clairement. Un peu surprenant au début, mais rapidement un élément adorable du film qui joue en sa faveur. Je parle de quoi là ? De panoramique rapide, mais mécanique : donc fluide. Je parle de jumpcut, de saut d'axe et de zoom-in. Pas le genre d'élément de langage que tu vois dans tous les films ! Tout cela fait en sorte que le film est d'une rapidité et d'un rythme agréable. On est loin du plan d'ensemble à la Haneke (je vous rassure), celui-ci qui utilise les plans d'ensemble et les plan-séquences dans la majorité de ses films (notamment Caché, 2005). 

En plus d'avoir une belle brochette d'acteurs qu'on se plaît rapidement à voir dans un film de cette palette, les beautés de l'Inde apportent au film toute une bulle d'exotisme, de découvertes, ainsi que sa renommée de pays ô combien spirituel. 

Je n'en dirai pas plus, mais j'ai adoré ce film. Je l'achèterais ! Wes Anderson me plaît de plus en plus. Surtout lorsque la chanson de Joe Dassin, Les Champs-élysées, s'entame à la fin du film suivie du générique. Une très belle trame sonore décore le film : Play with Fire de The Rolling Stone, mais surtout de la musique film à la 60's avec des compositeurs comme Satyajit Ray et Ustad Vilayat Khan.

Dernier point : le film est intemporel. Même si on peut croire que le film se déroule dans les années 70 ou 80, on peut tout aussi croire le contraire. Merci à l'Inde, ainsi qu'au retour de la mode Vintage. 

Je donne 10/10 à ce blé d'Inde ! 

jeudi, avril 07, 2011

Delicatessen

Ça faisait un bail il me semble, que je n'avais pas vu un film. C'est peut-être la fin session... Anyway, j'ai quand même décidé d'en louer un provenant du côté de nos cousins français : Delicatessen (1991) de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro. Jeunet est le réalisateur, entre autre, du fameux film : Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulin (2002). Pour sa part, Caro a derrière lui une tonne de colaboration en tant que directeur artistique, acteur, réalisateur ou même scénariste. Jeunet et Caro ont collaborés une seconde fois ensemble dans le film La Cité des enfants perdus (1995).

Delicatessen, c'est l'histoire des habitants d'un même immeuble. Les temps sont dures, et la nourriture manque : surtout la viande. Le propriétaire de l'immeuble, le Boucher, commence littéralement une charcuterie humaine en attirant les petits nouveaux pour mieux les découper et s'en nourrir (lui, et les autres). À l'arrivée de Louison, la jeune fille du boucher ne veut pas voir encore une fois une personne sympathique finir en morceaux de saucisson... Elle tente de trouver un moyen de sortir de cette prison.
La fille du boucher, Julie, et Louisson
Tout d'abord, ne vous laissez pas avoir par ce que projète le film et son synopsis. Pas de violence gratuite ni de sang qui coule à volonté ; mais, oui, de la cruauté, mais comique. J'ai d'ailleurs été déstabilisée devant le film, car je m'attendais à autre chose, j'imagine. Ce n'est pas une question de qualité, mais d'attentes.

On suppose qu'il s'agit d'une autre époque, puisque tout est vieillie, antique, sépia. On s'aventure parfois dans les teintes de vert et de bleu, mais on ne quitte jamais le vieillot, le croulant, le moisi. Le monde dans lequel vivent les personnages est en piètre état. On ne lui donne pas long feu. Ce qui est étrange, c'est qu'il n'y a pas tant de pitié pour le milieu dans lequel ils vivent. On se dit que cela fait partie des personnages, celui du boucher par exemple. Ce n'est pas pour rien qu'ils se fondent si bien dans l'espace. C'est un peu comme les animaux et les insectes qui se sont adaptés au milieu dans lequel ils ont évolués. 

Le scénario a ses lacunes, puisque son histoire reste peu intrigante ou surprenante. On doit tout le charme du film, ainsi que tout l'intérêt qu'on lui porte au traitement visuel et sa magnifique direction artistique. Les teintes sont charmantes.

Les situations sont souvent aussi très belles, mais ne contribuent pas nécessairement au récit. Les mises en scène sont très révélatrices du pouvoir du propriétaire (le boucher). Je pense à cette séquence, suite de scène où, parmi le bloc, les locataires adoptent le rythme de l'activité du boucher. Celui-ci, à l'étage, est occupé à satisfaire sexuellement sa belle. Si sa cadence accélère à un certain rythme, il en est de même pour tous le reste du bloc appartement. Le tout accompagné d'un bon travail sonore qui donne à ce moment du film une portée très significative : la puissance du boucher certes, mais également l'ambiance de ce petit monde à part.

Une belle critique sur la société. Celle-ci même prête à se dévorer entre eux pour survivre. Également un humour bien placé, mais peut-être est-ce la peur qui manque au film ? La situation est pourtant celle de la crainte ? On n'a pas d'inquiétudes pendant le film. On savoure, tout simplement ! Parce que c'est délicieux !

Je donne 7/10 à cette entrée d'escargot à l'ail.